l’expo Fortuny au musée Galliera

hello hello, on se retrouve aujourd’hui pour la suite de la kraft week dédiée à Mariano Fortuny.

Après une wishlist inspirée du style fortuny (souvenez-vous, le velours et le plissé), je vous propose aujourd’hui un tour de l’expo qui lui est dédiée au Palais Galliera, jusqu’au 7 janvier.

EXPO-FORTUNY-KC-01

Evidemment, le palais Galliera étant un musée dédié à la mode, c’est surtout cette facette de l’artiste qui a été développée. C’est d’ailleurs l’activité qui l’a rendue le plus célèbre, même s’il a commencé sa carrière en tant que peintre et qu’il s’est intéressé à de nombreux domaines comme la photographie, la gravure, la scénographie, etc.

portraits mariano fortuny

A ce sujet, la lumière a toujours été un grand centre d’intérêt pour lui, notamment pour la scène (on en parlera dans le dernier article de la kraft week)

C’est également un grand collectionneur, s’intéressant par exemple à l’antiquité, à la renaissance, mais aussi aux civilisations orientales. Il collectionnait notamment nombre d’étoffes anciennes qui lui ont inspiré certaines de ses créations.

Au début du XXeme siècle, notamment grâce aux fouilles archéologique de sir John Evans à Knossos en Crète, le style antique grec est « à la mode », que ce soit en architecture, en musique, en mode. On le retrouve notamment dans les ballets russes de Diaghilev.

Fortuny a particulièrement été inspiré par ces fouilles : il a créé le châle Knossos, dont les motifs imprimés rappellent les motifs antiques.

et son logo en forme de labyrinthe s’inspire du mythe du minotaure, légende associée à cette civilisation.

 

Cette vogue de l’hellénisme se retrouve également dans l’une des créations les plus emblématiques de Fortuny : la robe Delphos.

Par sa forme, elle rappelle la tenue traditionnelle féminine grecque, et les sculptures qui s’en inspirent : les korés. Mais sa forme simple cache de nombreuses atouts :

  • un taffetas de soie léger et aérien
  • une forme qui libère le corps de la femme (à une époque où le corset est encore la norme)
  • un brevet pour un plissé indéformable
  • un choix de couleurs incroyable et délicat, reflet de la formation de peintre
  • un modèle intemporel qui a été porté par de nombreuses élégantes à travers les décennies (comtesse Casari, Peggy Guggenheim, Isadora Duncan, lady Churchill, etc)

Comme dans l’article précédent traitant des déclinaisons déco du style fortuny (ici), après le plissé, on va parler tissu imprimé : l’autre phénomène Fortuny.

Le répertoire de formes de vêtements est assez limité, toujours des formes amples et confortables, sobres et intemporelles : tuniques, capes, abaïas.

La richesse des décors aux inspirations multiples contraste avec la simplicité du vêtement. Venise étant au carrefour de nombreuses civilisations et époques, Fortuny a naturellement puisé dans ces sources d’inspiration : Antiquité ou renaissance, Orient ou Occident, etc.

Les textiles, et particulièrement les velours sont imprimés de différentes manières, faisant l’objet de différents dépôts de brevet : estampage, pochoir type katagami, technique proche de la sérigraphie etc. Les motifs sont au préalable dessinés sur des matrices ou cartons préparatoires, pour beaucoup visibles en parallèle du vêtement dans l’exposition.

tunique et détail de la matrice d'impression

La notoriété de Fortuny va peu à peu dépasser sa propre personne et créer des émules, en faisant des héritiers du style Fortuny.

Bien que jouissant d’une réputation internationale, Mariano Fortuny va confier la vente de certains de ses modèles à Babani, maison créée à Paris par un homme originaire d’une autre ville aux carrefours des civilisations, Constantinople, et spécialisée dans la vente d’objets importés d’Orient : tapis, kimonos, bronzes, etc. Peu à peu certains modèles de la maison s’inspireront même des formes de Fortuny.

Entre deux guerres, d’autres personnalités ont des formes, techniques et motifs proches de ceux de Fortuny, mais sans qu’on ait la certitude qu’il y ait eu échange entre eux : juste « l’air du temps » ou disciples de Fortuny ? En tout cas, un même esprit intemporel et élégant habillent leurs créations. C’est le cas de Suzanne Bertillon et Maria Gallenga.

jusqu’à aujourd’hui, l’inspiration de Fortuny est palpable dans différentes créations, comme les fameux pleats please d’Issy Miyake ou par touche, comme cette magnifique robe créée par Maria Grazia Chiuri chez valentino, avant son arrivée chez Dior.

et voilà, fin du petit tour de l’expo. j’espère vous avoir donné envie, d’autant que les photos ne rendent pas compte des détails : textures soyeuses, finesse du plissé, détail des motifs.

bref, comme pour beaucoup de choses, rien ne vaut le IRL !

on se retrouve très vite pour le dernier article de la kraft week Fortuny, consacré à la lumière.✨

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